Détacher ses émotions pour mieux investir : les leçons de la finance comportementale

Investir, ce n’est pas juste une affaire de chiffres

Beaucoup d’hommes croient que l’investissement est une affaire rationnelle, d’analyse, de logique. Pourtant, les plus grandes erreurs d’investissement viennent rarement d’un mauvais produit… mais d’une mauvaise réaction émotionnelle.

Bienvenue dans le monde de la finance comportementale : l’étude de nos biais, de nos émotions, et de leur impact sur nos décisions financières.

1. Le cycle émotionnel classique de l’investisseur

Les marchés financiers (actions, immobilier, crypto, etc.) suivent des cycles.
Mais les investisseurs, eux, suivent souvent un cycle émotionnel inversement proportionnel à leurs intérêts :

  1. Hausse prolongée → euphorie → “C’est le moment d’acheter encore”
  2. Chute soudaine → panique → “Je vends avant de tout perdre”
  3. Rebond → frustration → “J’aurais dû garder… je ne comprends rien à la bourse”

→ Résultat : on achète au plus haut, on vend au plus bas. Une erreur fréquente… parce que naturelle.

2. Les biais comportementaux les plus courants

 Le biais de confirmation

On ne cherche que les infos qui confirment ce qu’on pense déjà.

L’aversion à la perte

Une perte de CHF 1’000 fait plus mal qu’un gain de CHF 1’000 ne fait plaisir. Donc on vend trop tôt pour “se sécuriser”.

Le biais d’ancrage

On reste bloqué sur un prix passé : “Je ne vendrai pas tant que ça ne remonte pas à ce que j’ai payé.”

Le biais du troupeau

On suit ce que font les autres : “Tout le monde achète, je ne veux pas rater le train.”

3. Comment les reconnaître… et s’en protéger

  • Ayez une stratégie claire dès le départ : horizon de placement, montant, tolérance au risque, répartition.
  •  Écrivez vos règles personnelles : “je ne vends pas dans la panique”, “je réinvestis chaque mois”, etc.
  •  Automatisez ce que vous pouvez : versements mensuels dans un ETF, pilotage automatique dans un 3e pilier titres.
  • Consultez votre portefeuille moins souvent : le long terme se construit… dans le silence.

Si vous ressentez euphorie ou panique, c’est un bon signal pour ne rien faire.

4. L’expérience suisse : prudence extrême… ou inaction ?

En Suisse, on observe souvent :

  • Des hommes très rationnels mais paralysés par la peur de la perte
  • Une préférence pour l’épargne bancaire ou l’immobilier, moins exposés aux variations de marché
  • Une répulsion culturelle au “pari boursier”

→ Résultat : capital qui dort, potentiel de rendement limité, retraite non assurée sans épargne complémentaire.

Conclusion

Investir, ce n’est pas seulement choisir où mettre son argent.
C’est gérer son comportement face aux cycles du marché.

→ En comprenant les biais mentaux, vous pouvez éviter les pires décisions et construire un patrimoine solide, sur la durée.

L’émotion est mauvaise conseillère. La discipline, elle, construit la richesse.

Demandez-nous ce que vous voulez. N’importe quand !